De la Malédiction à la Bénédiction

Publié le 12 avril 2026 à 16:00

L’un de mes passages préférés de tous les temps se trouve dans le livre de Genèse, au chapitre 15. Dans mes notes bibliques, il mérite cinq étoiles. Mais pourquoi s’enthousiasmer devant une scène impliquant des animaux sacrifiés ? Pour bien comprendre, il faut regarder de près ce qui se passe réellement dans ce passage.

Revenons d’abord à la tour de Babel, en Genèse 11–12. L’humanité y entreprend de construire une ville et une tour « dont le sommet touche le ciel ». Leur objectif est clair : atteindre Dieu, mais selon leurs propres termes, dans une attitude de rébellion. Ils veulent aussi se faire un nom — une quête d’orgueil et d’auto-exaltation — et assurer leur permanence, refusant d’être dispersés. Pourtant, c’est précisément ce que Dieu permet : ils sont dispersés sur toute la terre.

Pourquoi Dieu s’oppose-t-il à ce projet ? Parce qu’il représente le sommet de la rébellion humaine : vouloir atteindre Dieu par ses propres efforts, rejeter son autorité et s’élever soi-même à sa place. Babel devient ainsi, dans toute la Bible, le symbole de l’orgueil humain et de la rébellion contre Dieu.

Mais Dieu répond à cette rébellion d’une manière surprenante. En Genèse 12:1-4, il appelle Abraham et lui fait des promesses qui répondent directement aux aspirations déformées de Babel :

  • Une terre (la permanence),
  • Une relation avec Dieu (l’accès divin),
  • Un grand nom (mais donné par Dieu, et non acquis par l’homme).

Alors que les hommes à Babel cherchent à se faire un nom, Abraham construit des autels et invoque le nom de Dieu. Il est appelé hors d’Ur non seulement pour lui-même, mais pour les nations dispersées. À travers lui, Dieu met en place son plan de salut pour toute l’humanité.

En avançant dans le récit, on perçoit une tension : l’humanité est éloignée de Dieu, mais le désir de retrouver sa présence — comme au jardin d’Éden — demeure. Chaque tentative humaine échoue. Pourtant, Dieu agit.

C’est ici que nous arrivons à Genèse 15.

Abram croit en Dieu, mais il lutte avec le doute. Dieu répond avec grâce : il lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles. Abram croit, « et cela lui est compté comme justice ».

Ensuite, Dieu conclut une alliance avec lui selon une pratique ancienne : des animaux sont coupés en deux, et les deux parties passent entre les morceaux, signifiant que celui qui rompt l’alliance subira le même sort. Mais ici, quelque chose d’extraordinaire se produit : Dieu plonge Abram dans un profond sommeil et passe seul entre les animaux, sous la forme d’un feu.

Cela signifie que Dieu prend sur lui toute la responsabilité de l’alliance.

Il sait qu’Abram — et l’humanité entière — ne pourra pas la respecter parfaitement. Alors Dieu s’engage seul, garantissant une alliance qui ne peut échouer.

Quelle image puissante de l’amour de Dieu ! Là où l’homme échoue, Dieu reste fidèle. Là où il y avait malédiction et dispersion à Babel, Dieu commence à établir une bénédiction pour toutes les nations à travers Abraham.

Ce passage nous montre un Dieu qui n’abandonne pas son peuple dans le doute, mais qui s’engage pleinement pour le sauver. Nous pouvons lui faire confiance et trouver en lui une paix profonde.