Dans le premier chapitre de la Genèse, Dieu crée les cieux et la terre, aboutissant à l’homme et à la femme faits à son image. Au chapitre 2, nous découvrons plus en détail leur nature de porteurs de Son image. Dieu déclare que tout ce qu’il a créé est « très bon » (1,31) et se repose, marquant ainsi l’achèvement de la création (2,2). Le chapitre se termine par cette vérité frappante : « L’homme et sa femme étaient tous deux nus et n’en avaient pas honte » (2,25).
Alors que nous entamons le chapitre 3, il nous est rappelé que l’humanité a été créée irréprochable, sans péché ni honte, vivant dans une abondance parfaite dans le jardin d’Éden. Dieu leur a donné la liberté de manger de tous les arbres, sauf un.
Un seul commandement — et pourtant ils ont échoué.
Le serpent commence par déformer le commandement de Dieu, en l’exagérant pour faire passer Dieu pour déraisonnable (3,1). Bien que la femme le corrige, elle ajoute aux paroles de Dieu, révélant déjà son doute (3,2-3). Le serpent nie alors la conséquence — « Vous ne mourrez pas » (3,4) — et suggère finalement que Dieu cache quelque chose de bon : « vous serez comme Dieu » (3,5).
Cela révèle la véritable nature du péché. Il ne s’agissait pas du fruit, mais d’un manque de confiance en Dieu et en sa parole. Il s’agissait du désir d’être comme Dieu. Bien que créés à son image, ils ont choisi l’orgueil et la vanité plutôt que la confiance et l’amour de Dieu.
Le résultat fut immédiat. Leurs yeux s’ouvrirent et la honte les envahit. N’ayant plus la paix, ils se cachèrent de Dieu (3,7-8). Bien qu’ils ne soient pas morts physiquement ce jour-là, ils subirent une mort spirituelle : la séparation d’avec Dieu. L’intimité dont ils jouissaient autrefois fut brisée.
Voici la véritable tragédie : la séparation de l’humanité d’avec Dieu, marquée par la honte — un sentiment que nous éprouvons encore aujourd’hui.
Mais où est la mort physique mentionnée dans Genèse 2,17 ? Dieu s’est-il trompé ? C’est certainement ce que le serpent voulait faire croire (3,4), et cette question continue de circuler dans le monde entier aujourd’hui encore. Peut-être que le serpent avait raison?
Non, c’est que Dieu avait un plan.
L’un des passages que je préfère dans cette histoire est celui où Dieu chasse Adam et Ève du jardin. Cela peut paraître terrible, mais on lit souvent trop vite le verset 3,21. C’est là que l’on découvre le véritable amour de Dieu pour nous.
Il les revêt d’abord de peaux d’animaux (3,21). Dieu verse le sang d’animaux — un sacrifice — afin de créer des vêtements pour “couvrir leur honte”. Ainsi, nous voyons un système sacrificiel mis en place pour couvrir le péché.
Où est donc la mort promise à Adam et Ève ? Dieu envoie un animal mourir à leur place, pour expier leur péché et couvrir leur honte. C’est la première image de « l’expiation substitutive » : quelqu’un qui meurt à notre place pour couvrir nos péchés. Nous verrons cela à plusieurs reprises dans l’Ancien Testament, notamment dans le récit du sacrifice d’Isaac. Ce faisant, Dieu nous donne un aperçu de son plan ultime : offrir son propre Fils pour enlever définitivement notre honte et nous ramener à lui.
Même dans le jugement, il promet un Sauveur (3,15), celui qui vaincra finalement le serpent. Et en revêtant Adam et Ève de peaux de bêtes (3,21), Dieu introduit la première image du sacrifice : la vie donnée pour couvrir le péché.
Bien que le péché ait engendré la honte et la séparation, Dieu n’a pas abandonné sa création. Dès le commencement, il a eu pour dessein de nous restaurer. Par le Christ, il nous offre le moyen d’effacer notre honte et de renouer avec lui. C’est notre retour au jardin d’Éden.
Un jour, nous ne nous cacherons plus. Nous marcherons de nouveau avec Dieu, sans honte, retrouvant ainsi ce que nous étions destinés à être.
Oh, quelle merveilleuse journée ce sera !